Société : Ukweli Summit 2026, la RDC mobilise ses acteurs contre la désinformation

Kinshasa a accueilli l’Ukweli Summit 2026, un forum rassemblant journalistes, universitaires, experts et représentants institutionnels autour de la problématique de la désinformation en République Démocratique du Congo.
Lors de la cérémonie d’ouverture, la coordinatrice du sommet, Nadine Kampire, a mis en lumière les répercussions concrètes de la circulation de fausses informations, citant notamment l’effritement du tissu social, l’exacerbation des tensions communautaires et les obstacles à la stabilisation du pays.
Le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya Katembwe, prenant part à un panel consacré à la législation sur l’accès à l’information, a pour sa part insisté sur la nécessité de concilier liberté de la presse et exigence de vérification des faits.
Les débats ont largement convergé vers deux axes prioritaires : la formation des professionnels des médias et le cadre juridique encadrant la pratique journalistique. Plusieurs intervenants, dont l’expert Laurent Bigot, ont plaidé pour un renforcement des capacités rédactionnelles et pour une meilleure éducation aux médias à destination du grand public.
Le journaliste Nicaisse Kibel Bel a quant à lui appelé à revaloriser le journalisme d’investigation, présenté comme un antidote à la pression de l’instantanéité imposée par les réseaux sociaux. Sur le plan légal, la loi dite « Muyaya » et le texte relatif à l’accès à l’information ont été au centre des échanges, avec l’annonce d’un atelier conjoint réunissant magistrats et journalistes pour en harmoniser l’interprétation.
Dans un pays régulièrement confronté à des vagues de désinformation, particulièrement lors des crises sécuritaires dans sa partie orientale, l’Ukweli Summit 2026 entend poser les jalons d’une réponse coordonnée. Les participants ont unanimement conclu que la construction d’un environnement médiatique fiable suppose une collaboration étroite entre les autorités publiques, les organes de presse et la société civile, sans qu’aucun de ces acteurs ne puisse agir efficacement de manière isolée.
Azga Shachikere



